L'HISTOIRE

L’histoire commence en février 2006, à La Havane... Il y a l’Hotel Nacional, Patrice et Alexis . Il y a aussi des mojitos, des touristes ennuyeux, et, dans l’air enfumé, l’idée vague d’un livre consacré au cigare et à l’âme des fumeurs.

2007. Apparaît un troisième personnage, Philippe. Il rencontre Patrice, avec lequel il décide d’accompagner Alexis, à Cuba, au 9ème festival du Havane, et d’y écrire les premières lignes d’un ouvrage à la forme et au sujet encore improbables. « L’idée à structurer est celle d’un zapping de textes, photos, dessins, sculptures, anecdotes, portraits… un défilé d’êtres et de moments humains…»

Ils recrutent une équipe peu ordinaire pour un livre qui veut prendre à contre-pied une bibliographie cigarière normalisée, lassante, triste même quand elle rit... Ils réunissent autour d’eux, un groupe de talents hétérogènes et complémentaires, sérieux et joyeux : deux photographes, Davolo et Benoît , une plasticienne, Ximena , et un graphiste, Stephan. Le livre doit parler du cigare mais, à l’inverse des autres livres de cigares, il doit en dire, et en montrer le moins possible. Tout doit se passer dans la tête du lecteur. Car c’est là que commence et finit le théâtre du cigare.

Rien ne sera imaginé, tout sera vrai et pourtant tout sera inventé. Comme ces graines qui germent, ces feuilles que l’on roule, que l’on fume et qui disent autre chose… S’impose l’idée d’un abécédaire de 70 mots associant des idées, et des émotions, la réalité du cigare et du fumeur de cigares… comme le fait un dictionnaire amoureux… Une première phase aboutit à une première maquette d’une dizaine de pages. Le résultat surprend les auteurs eux-mêmes, et les encourage à créer une œuvre différente. Benoît, Stephan et Ximena quittent le groupe en 2010 mais le projet se poursuit. Alexis, Patrice, Philippe et Davolo partent pour la République dominicaine. Se joint au groupe Laurent , amateur de cigares et ami d’Alexis.

Au retour, un nouveau graphiste, davidh, se joint au groupe, y apporte son empathie délicate, et recrée une maquette.
Au fil des mois, et des rencontres, le concept prend forme et aboutit au travail présenté ici.

L’amitié fait que les amateurs de cigares fument de concert, parlent, restent silencieux mais partagent avec une ferveur archaïque retrouvée, le temps qui passe et fabrique des cendres.

L’amitié fait aussi des livres pour essayer d’étendre l’amitié à l’infini. Le premier mot qui nous vient quand on pense « cigare » c’est le mot « amitié ».
Les autres mots sont dans ces pages qu’on dédie au fumeur et lecteur inconnu.